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tour scout

 

Je ne sais si cette idée de parenté entre scoutisme et radioamateurisme me vient de propos que j’aurais entendus à propos de l’un ou de l’autre depuis quelques d’années ou bien si c’est une observation-réflexion personnelle plus récente, notamment depuis que je suis devenu radioamateur, qui m’aurait amené à conclure à l’existence d’un dénominateur commun à ces deux organismes.

Il n’en fallait pas plus pour m’inciter à me mettre à la recherche du fondement de ce qui occupe mes pensées de sans-filiste depuis quelques semaines. Je me lance donc à l’assaut d’internet. Ravissement ! Toutes sortes de données et d’informations s’y trouvent. Rien n’y manque.  Si la langue anglaise domine, le français n’est pas en reste. Plusieurs sites nous fournissent une approche du radioamateurisme qui va au-delà de son aspect technique en le situant dans le prolongement de l’être humain à la recherche de solidarité dans l’action, particulièrement lorsqu’il y a urgence, et de contacts amicaux durables. Les réseaux quotidiens, durant lesquels on sent clairement l’amitié soutenue entre participants, le démontrent amplement. Ce qui, bien sûr, ne saurait suppléer totalement au besoin du radioamateur d’établir des contacts nombreux, partout autour du monde, lors de Field Days par exemple. C’est alors la capacité technique de la communication qui vient s’ajouter au plaisir de l’échange humain.

Par sa pensée et son action, le milieu du scoutisme, comme celui du radioamateurisme, répond à ce besoin de rapprochement entre humains dont l’une des caractéristiques est, selon les anthropologues, d’être grégaires. Ce rapprochement est souvent réalisé dans le cadre du contact avec la nature ou en des circonstances dictées par l’urgence. Les mots clés à se rappeler en parlant de l’un ou l’autre des deux organisations, scoutisme ou radioamateurisme, sont donc : amitié, solidarité, entraide, service et nature auxquels il convient d’ajouter celui de débrouillardise. Parce que sans elle, fréquemment, l’un et l’autre ne peuvent agir pleinement.

Voyons quelques témoignages qui permettent et encouragent ce rapprochement des communautés scouts entre elles et, par ricochet, celle des radioamateurs avec elles. Esquissons un bref résumé du caractère de ces témoignages.

L’Organisation Mondiale du Mouvement Scout (OMMS) et l’Association mondiale des guides et éclaireuses (AMGE) souhaitent l’apprentissage des techniques modernes de communications, dont la radio.

L’Organisation Mondiale du Mouvement Scout (OMMS) et l’Association mondiale des Guides et des Éclaireuses (AMGE) sont deux mouvements distincts qui travaillent ensemble dans une atmosphère d’amitié, d’entraide  et de respect.

Dès 1958 l’OMMS reconnaissait la valeur de la collaboration entre radioamateurs et scouts en intégrant à ses activités structurantes le Jamboree sur les ondes (JSLO). En résumé voici ce que l’on peut retrouver sur le site internet de l’Association des Scouts du Canada, qui devrait intéresser les radioamateurs.

Pour l’OMMS, l’apprentissage des techniques de communication a sa place au sein d’un programme d’activités scoutes. Il permet d’atteindre plusieurs objectifs pédagogiques parmi lesquelles, concevoir des messages clairs et maîtriser des techniques de communication traditionnelles et avancées. Le scout d’aujourd’hui qui veut être en mesure de se rendre utile dans sa communauté doit savoir utiliser les outils de télécommunication de son époque, c’est-à-dire, la transmission d’informations à distance par tout moyen électrique, radioélectrique ou électromagnétique. Dans une unité scoute, de nombreuses activités peuvent s’inspirer de la radio.

La connaissance des techniques de communication modernes va donc de pair avec la mission du scoutisme et du radioamateurisme. Voilà qui décrit bien la position du milieu scout à son plus haut niveau quant à sa vision moderniste des moyens de communications.

Le Jamboree sur les Ondes (JSLO) (Jamboree on the Air (JOTA)

Cet événement récurrent,  sur une base annuelle, permet aux scouts du monde entier de discuter entre eux au moyen de contacts radioamateurs. Les expériences sont à l’effet de permettre l’échange d’idées sur les ondes radio ou tout simplement de fraterniser. Quand les scouts veulent rencontrer les jeunes d'autres pays, ils pensent souvent, presque naturellement, participer à un Jamboree international. Depuis 1958, date du premier JSLO, il leur est possible de tenir de tels événements en se servant des ondes hertziennes, donc à très faible coût comparativement à un Jamboree régulier. Chaque année, des centaines de milliers de scouts se réunissent par le biais des ondes en ce lieu virtuel qu’est JSLO.   Le côtoiement radioamateur et scout est alors une réalité des plus concrètes. En 1996, le JSLO ajoutait une nouvelle branche à ses activités, celle du Jamboree sur Internet.

Au JLSO de 2008, le 51e depuis sa création, pas moins de 10178 radioamateurs se sont regroupés autour de 2917 stations  réparties dans 116 pays. On évalue à environ 600 000 le nombre total de scouts et guides qui se regroupent chacun dans son pays, l’occasion du Jamboree annuel sur les ondes. C’est à l’intérieur de cette collectivité immense qu’évoluent les radioamateurs. Et qu’ils essaiment par leur exemple.

Voici comment le dernier rapport du JLSO décrit en substance l’action du radioamateurisme au sein de la communauté scoute et guide. « Chaque année, durant la troisième fin de semaine d’octobre, des centaines de milliers de scouts et guides dans le monde entier échangent des salutations et des idées, apprennent un peu de la culture des autres pays, tout cela par contacts entre stations de radioamateurs…la plus grande manifestation annuelle du scoutisme. Les contacts établis durant les JLSO donnent naissance à des liens durables entre scouts possédants leur licence de radioamateur et autres participants réunis sous l’égide de stations collectives ou individuelles. Le système « Echolink », qui permet d’établir des contacts entre stations de radioamateurs et utilisateurs d’Internet, est de plus en plus populaire. Son principal avantage est qu’il permet d’établir des contacts radio sur de très grandes distances, sans avoir à se préoccuper des conditions de propagation des ondes, en redirigeant une partie du signal radio sur Internet. Il est également possible de contacter des Scouts dans des lieux reculés n’ayant pas accès à Internet, en utilisant un lien radio. En fait, en combinant Echolink avec la radio, on obtient un réseau mondial ».

 

Les moyens de communications en milieu scout ou radio amateur sont d’un caractère particulier en ce sens qu’ils sont assez souvent utilisés là où les installations et le support énergétique sont déficients. C’est-à-dire en pleine nature ou lors d’activités d’urgence, là où la débrouillardise devient une composante incontournable de l’action. Les modus vivendi de l’un et de l’autre se ressemblent à n’en pas douter. En fréquentant le milieu scout nous bonifions, en l’élargissant,  la dimension éducative de notre action de radioamateur. Et vice versa.

 

N’oublions pas, que la communauté scoute constitue une « réserve naturelle » de futurs radioamateurs. Nous avons tout à gagner à lui tendre la main.

Claude Lalande VE2LCF

 

Sites consultés

http://www.scoutsducanada.ca/documents/05_Formation/tec1407.pdf

http://fr.scoutwiki.org/Jamboree_sur_les_ondes_(JSLO)

http://www.scout.org/fr/information_events/library/fundamentals_of_scouting/constitution_of_w_o_s_m

http://on5cft.be/cariboost_files/le_radioamateurisme.pdf

http://dspt.perso.sfr.fr/RadioAmateur.htm

http://www.ldsradio.ca/scouting-jota.html